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| Colloque de Palanga mai 2002. Protèger, entretenir et revitaliser un patrimoine culturel : Le Parc de Palanga E. André |
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Une présentation de l'évolution du Parc par son directeur.
Antanas Sebeckas
Directeur du Parc Botanique de Palanga
Director of the Palanga Botanical Park
Palangos botanikos parko direktorius
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institut européen des itinéraires culturels |
Michel Thomas-Penette
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02 June 2006
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Le destin du parc |
Je suis heureux de prendre la parole pendant cette conférence.
Je voudrais exprimer mes remerciements aux participants et aux hôtes qui sont présents et à tous les intervenants qui n’ont pas épargné leurs compliments pour le parc de Palanga et qui ont montré beaucoup d’attention pour son histoire, pour son état présent et pour sa survie.
La Lituanie possède de nombreux parcs, des centaines qui font partie de grandes propriétés, dont beaucoup sont en déshérence et un plus petit nombre qui se préoccupent de leur survie.
Les parcs et jardins, comme les gens, ont reçu une vie et un destin propre. Il y a eu de nombreux épisodes dans le destin du parc du comte TiškeviĿius à Palanga que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de parc botanique.
A côté de nombreux défis qu’il a rencontrés comme la destruction, l’oubli et la négligence, le parc a aussi connu des années de renaissance et de développement.
Vous connaissez déjà l’histoire de la création du parc, c’est pourquoi je voudrais aujourd’hui insister sur les moments de la vie du parc qui ont été à l’origine de son sort brillant.
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Vue du Parc |

Présentation du parc par A. Sebeckas |
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Episodes |
Je dois dire que le premier événement de cette sorte a été le choix du site du parc par le Comte Feliksas TiškeviĿius, c’est à dire ici, dans une forêt sacrée proche de la colline légendaire de Biruté, où les anciens païens avaient l’habitude de se rendre pour l’idolâtrer. La proximité et la renommée de la colline a toujours donné une touche de sainteté et de respect au parc, ou plus exactement à sa partie historique et a entraîné sa protection.
La seconde circonstance significative dans son existence a été le fait d’inviter le fameux architecte paysagiste Edouard André à dessiner le parc. Le point le plus important de cette histoire a été sa capacité professionnelle à mesurer la diversité et les qualités de la flore locale et de la beauté du paysage et le fait de compléter avec modération la végétation du parc avec des plantes introduites, plus que le plan général de l’architecte. Le parc a été intégré au paysage, en rapport étroit avec l’environnement et a été planté pour être aimé des gens, ce qui est significatif pour une création qui combine l’homme et la nature.
Lorsque la Seconde Guerre mondiale s’est terminée et que les militaires ont quitté le palais à l’intérieur du parc, la Maison des Artistes s’y est installée.
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Le Parc |

Le Parc |
Les peintres ont été les premiers qui entreprirent la revitalisation du parc désolé et ravagé par la guerre, en faisant renaître l’esprit de la vie du lieu et en mettant en avant l’idée «d’ouvrir la végétation en trop» pour faire admirer les paysages. Nous savons que la beauté peut avoir des effets bénéfiques, et cela a amené à prendre soin du parc. De ce fait la Résolution N° 259 adoptée par le Conseil des Ministres de la Lituanie soviétique, le 14 mai 1960 a décidé d’installer dans le cadre du Parc culturel et récréatif de Palanga (installé entre la mer et les rues) un espace sous la responsabilité du Comité Exécutif de la ville de Palanga nommé le parc botanique de Palanga. Pour le management du parc une organisation du même nom a été fondée qui, après un ensemble de réformes administratives, fait encore aujourd’hui partie de la municipalité de Palanga. Ce fait est important en ce que la continuité de l’entretien du parc a été assurée en termes de financement et de travaux. Pendant ce temps, les parcs lituaniens qui avaient été donnés aux militaires ou aux fermes collectives ont subi les effets d’un impact négatif. Un sort plus favorable a été accordé aux réserves des parcs qui ont été mis à la disposition d’hôpitaux, d’écoles, de sanatoriums et de musées.
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Les années soixante et soixante-dix |
L’évolution favorable du parc de Palanga a été également aidée par la création du musée de l’ambre le 3 août 1963 après le déménagement de la Maison des artistes dans un bâtiment neuf.
Le parc est devenu très rapidement populaire, en attirant l’attention sur l’environnement du palais, c’est à dire le parc lui-même. Ce progrès a rendu possible l’accélération les travaux d’amélioration dans le parc. C’est à ce moment que les restaurations et les reconstruction de base ont commencé.
De l’avis de la plupart des spécialistes, il n’y a pas eu de faute majeure dans la conception de la restauration du parc. A cette époque le dessin du parc par André n’avait pas été retrouvé. Je dois considérer comme un point positif que la restauration s’est appuyée sur des représentants de l’ancienne génération de l’intelligentsia d’avant guerre qui ont réussi à préserver le patrimoine culturel.
Nous devons nous souvenir que ces développement ont pris place dans les années cinquante, une période durant laquelle l’idéologie de l’Union Soviétique mettait en avant la dictature du prolétariat.
De tels objets comme les anciennes propriétés privées étaient considérés comme l’héritage d’une classe hostile, les nobles, ou un obstacle à la cause du socialisme triomphant. Je tiens à attirer votre attention sur un point de la résolution que j’ai mentionnée qui dit : «mettre en place un parc dans le cadre d’un parc culturel et récréatif».
Je voudrais tenter d’éclairer les participants à la conférence et nos hôtes ce que voulaient dire en Union Soviétique les parcs culturels et récréatifs : «Des espaces pour les travailleurs, des slogans et des affiches à la gloire du parti communiste, toutes sortes de pavillons, de buffets, de kiosques, de plate formes de stades etc.». Si de tels équipements avaient été installés dans le parc de Palanga, il aurait été difficile d’imaginer son avenir en tant que parc botanique. Ils auraient endommagé de manière irréparable l’intégrité de la composition du parc et en auraient détruit les détails constitutifs. Il n’est rien arrivé de la sorte au parc de Palanga. Nous devons à nouveau exprimer notre gratitude envers les architectes, les artistes et les forestiers qui ont réussi à préserver les valeurs patrimoniales et les principes de construction d’André. Je ne donnerai pas leurs noms, car je trouve délicat de mettre en avant un nom plutôt qu’un autre, d’autant plus que le nombre de créateurs a été important. Les types d’objets du parc culturel et récréatif ont été installés en dehors du périmètre du parc, en majorité du côté est, de telle manière qu’ils n’ont pas influencé le parc de manière importante. De plus la parc a été adopté comme une zone de calme. La piste de danse qui est installée sur l’île et les kiosques ont été retirés du territoire du par et un règlement strict pour les visiteurs, ainsi que des restrictions d’accès pour les cyclistes ont été adoptés. Ces règlements n’ont malheureusement pas subsisté jusqu’aujourd’hui.
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La grotte à la Vierge |

Le kiosque |
Lorsque le second projet de management du parc, intitulé le projet d’extension, a été développé au début des années soixante-dix, ses auteurs qui appartenaient à la nouvelle génération étaient en face d’un exemple à suivre et sur lequel s’aligner, ainsi que devant des principes à observer.
Le parc a été également fortuné en ce qui concerne les personnes qui ont travaillé ici. Il s’est agi de spécialistes dont les caractères et les origines en termes de spécialités ont été contrastés, ils ont tous été conduits par un même but, l’amour du parc et un grand engagement dans leur travail. Nous devons du respect à Pranas Martinaitis, le pionnier des directeurs de ce parc et son successeur le forestier Kazimieras Urbonavicius, Evaldas Navis qui travaille maintenant pour le jardin botanique de l’université de Vilnius, le jardinier Steponas Pudžmys, le forestier Antanas Daukša et bien d’autres personnes engagées qui ont travaillé dans ce parc.
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Quel est l’état du parc aujourd’hui ? |
L’état actuel du parc a été décidé en 1980. Il y a eu quelques modifications «cosmétiques» et plus profondes de certaines parties mais l’aspect général n‘a pas changé. Ce qui veut dire qu’aujourd’hui le parc attend «quelque chose». Une évolution qui pourrait constituer la phase 3 avec un nouveau projet de rénovation du parc botanique.
Trente années se sont passées depuis les derniers projets. Le temps fait son œuvre de manière inexorable et demande des interventions de «rafraîchissement». En dehors des question de management au niveau général, le projet devrait répondre à des questions importantes.
Quel degré d’authenticité doit subsister dans les parties du parc historique d’Edouard André qui sont restaurées ? Le projet original d’André est maintenant entre nos mains – par le biais d’une donation.
Que doit on faire des objets du parc qui se sont «enracinés» et dont la présence se justifie dans l’espace du parc, par exemple la sculpture de 1960 «Eglé, la reine des serpents» de R. Antinis le père et la sculpture restaurée «Jésus bénissant» de S. Žirgulis (1993). Cette dernière est orientée vers le nord, ce qui fait que l’ombre lui donne toujours un aspect sombre. Dans la mesure où la sculpture se trouve devant la façade du palais et se projette sur le bâtiment, elle occupe une vue centrale.
Que doit-on faire des bâtiments qui occupent une place inadéquate ? Comme par exemple le Café Vaidiluté et le bâtiment de l’administration qui occupe la place de la serre d’origine ?
D’autres questions se posent à propos des anciens cours de tennis et des cafés situés près de l’ancien étang , du port proche de la colline de ŽemaiĿiai Hill et en particulier la petite façade, à laquelle le projet d’André a accordé un poids certain dans la composition du parc?
Le réseau des allées, un élément essentiel de la composition du parc s’est altéré. Il doit être également corrigé.
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«Jésus bénissant» de S. Žirgulis |
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Parterres devant le musée de l'ambre |
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En 1994, le parc a été managé sans tenir compte de l’influence de la mer. Dans ces années là la partie de dunes qui s’étend le long du rivage a été rattachée au parc, ce qui a donné l’impression que les espaces et les infrastructures coupaient la mer. Il est donc nécessaire de dessiner une solution pour rendre plus aisé l’entrée organique de la côte en tant qu’espace organisé du parc.
Les arbres d’origine découverts dans le site par les auteurs du parc sont en voie d’extinction car les arbres individuels et les groupes ont dépassé leur maturité (de 150 à 200 années d’âge). Il faut réfléchir à un plan pour leur restauration graduelle.
Ce parc a été conçu et créé comme espace privé. Maintenant il s’agit d’un espace public dont les visiteurs sont nombreux, particulièrement en été et ouvert en permanence. Il est nécessaire d’établir les conditions optimales des règles de son entretien, la nature des événements qu’il accueille et les flux de visiteurs.
C’est à cette seule condition qu’il restera attractif pour les visiteurs et qu’il répondra aux nécessités à la fois esthétiques et de loisir.
Dans mon esprit ce séminaire qui se tient à Palanga peut répondre aux questions qui se posent en termes de patrimoine des parcs et jardins, contribuer à une coopération bénévole, donner la place à des échanges et à de nouveaux liens professionnels, un dialogue entre les spécialistes et apporter des espaces de dialogues entre différentes cultures.
Au nom de l’équipe du Parc Botanique de Palanga, j’aimerais remercier à nouveau les organisateurs et les participants pour leurs interventions intéressantes et leur travail créatif. Je vous souhaite un travail plein de succès. Je vous souhaite également un bon retour dans votre pays, où vous rapporterez, j’en suis certain de nouvelles impressions et expériences.
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